Tester l'éclairage et l'électricité de sa maison en VR avant de faire les saignées

Plutôt que d'imaginer où placer lampes et interrupteurs, j'ai construit une maquette 3D de ma maison qu'un agent IA bâtit à partir des plans d'architecte, et dans laquelle je me promène en casque VR pour poser, allumer et comparer avant de valider. Le même principe aide une entreprise de construction ou de rénovation à faire valider un projet avant de toucher au bâtiment.

Le point de départ : j'en avais assez d'imaginer

Pendant la rénovation de ma maison, la même question revenait sans cesse : où placer les interrupteurs, où mettre les lumières, et combien en faut-il pour qu'une pièce soit vraiment bien éclairée ? J'hésitais entre des spots encastrés et des lignes LED, je refaisais les calculs, et je n'arrivais jamais à me représenter le résultat.

Or en électricité, une hésitation coûte cher : une saignée faite au mauvais endroit, c'est du mur à reboucher, du temps perdu et parfois un câble à repasser. Les plans d'architecte disent où sont les murs. Ils ne disent pas ce qu'on ressentira en entrant dans la pièce le soir.

J'ai donc décidé d'arrêter d'imaginer. J'ai construit un outil qui associe une maquette 3D du bâtiment, la réalité virtuelle et un agent IA capable de bâtir cette maquette à ma place, à partir des plans d'architecte. Je peux ainsi me promener chez moi, casque sur la tête, poser des lampes et des interrupteurs partout, allumer, comparer, et ne valider qu'ensuite. L'outil m'aide enfin à planifier le concret : quels luminaires, combien, et par où passent les câbles.

Ce problème n'est pas propre à ma maison. Toute entreprise de construction ou de rénovation le connaît : faire comprendre un projet, et le faire valider, avant de toucher au bâtiment.

Maquette 3D d'un étage de maison, de nuit, avec les spots encastrés allumés
De nuit, les spots s'allument selon la position réelle des interrupteurs simulés.

Ce que fait l'outil

Une seule maquette, ouverte partout en même temps

La maquette s'ouvre dans un navigateur, sur PC, sur téléphone ou dans un casque Meta Quest. Plusieurs personnes peuvent l'ouvrir en même temps : chaque modification apparaît instantanément chez tout le monde. Chacun garde sa propre vue et peut, d'un clic, suivre celle d'une autre personne pour voir exactement ce qu'elle montre.

Maquette 3D d'une maison coupée au premier étage, avec murs, baies, linteaux et escalier
La maquette construite par l'agent à partir des plans : murs, baies, linteaux, escalier et spots.

Se déplacer dans le projet en réalité virtuelle

Avec le casque, on marche dans le bâtiment à l'échelle 1. Les marches et les paliers se montent comme dans la réalité. Un menu au poignet permet de poser un luminaire, d'allumer ou d'éteindre, de changer d'étage, ou de signaler qu'un élément est à revoir.

L'électricité et la lumière, simulées

  • Circuits, interrupteurs simples, va-et-vient et télérupteurs : on les actionne et les lampes réagissent comme prévu.
  • Puissance et angle des luminaires, niveau d'éclairement par pièce, vue de nuit.
  • Tracé des câbles depuis le tableau, avec un signalement des conflits avec la structure (linteaux, murs porteurs).
  • Bilan du matériel par circuit, exportable en CSV.
  • Lumière naturelle selon la date et l'heure, pour voir l'ensoleillement d'une pièce au fil de l'année.
Carte d'éclairement en couleur sur le plan d'un étage, avec les lux par pièce
Éclairement calculé pièce par pièce, comparé à une cible. Les pièces encore sans luminaire affichent 0 lx.
Maquette 3D avec les linteaux en rouge et les liaisons d'un interrupteur vers ses lampes en jaune
En rouge, les zones de structure à ne pas saigner ; en jaune, les liaisons d'une commande vers ses lampes.

Une liste de points à reprendre, partagée

Depuis l'ordinateur ou depuis le casque, on marque un élément « à retravailler » avec une note. La liste est commune : rien ne se perd entre une visite et la suivante.

Un agent IA qui construit la maquette, sous contrôle

Modéliser une maison à la main prend des jours. Ici, c'est un agent IA qui s'en charge. La maquette expose un serveur MCP, le protocole qui permet à un assistant comme Claude d'agir dans un outil. À partir des plans d'architecte, l'agent pose les niveaux, les dalles, les murs, les baies et les escaliers, étape par étape et dans l'ordre de la construction.

Ensuite, on lui parle comme à un collaborateur : « propose des spots pour atteindre un bon niveau d'éclairage dans la cuisine », « relie cet interrupteur aux lampes du couloir », « liste les points encore ouverts ». Il agit directement sur le modèle, et je vérifie le résultat dans le casque.

Interface de la maquette avec le panneau Électricité et la fiche d'un interrupteur relié à ses spots
Le panneau Électricité : on pose, on relie un interrupteur à ses lampes, et la liaison apparaît en 3D.

Cette liberté est encadrée :

  • chaque modification est validée par le serveur avant d'être acceptée ;
  • chaque version est sauvegardée et historisée, avec la source et la raison du changement, ce qui permet de revenir en arrière ;
  • quand l'assistant a besoin d'une décision, il pose la question, et elle s'affiche directement dans le casque de la personne connectée ;
  • l'assistant change les données, jamais la vue de quelqu'un : chacun reste maître de ce qu'il regarde.

Comment c'est construit

L'interface est en React avec three.js, et la réalité virtuelle passe par WebXR. Il n'y a donc rien à installer : un navigateur suffit, y compris dans le casque. Un serveur temps réel en Rust garde le modèle de référence et diffuse chaque changement à tous les appareils connectés. Le modèle suit l'organisation de la norme IFC (murs, dalles, escaliers, réseaux), ce qui le rend lisible et évolutif.

Cage d'escalier sur trois niveaux, de nuit, avec luminaires et interrupteurs
La cage d'escalier sur trois niveaux, avec ses luminaires et ses commandes.

Ce que ce n'est pas

Il faut être clair : une maquette comme celle-ci n'est ni une maquette BIM certifiée, ni une étude technique, ni une validation d'installation électrique. Les cotes viennent des plans et restent marquées comme telles tant qu'elles ne sont pas mesurées. L'outil sert à comprendre, montrer et décider plus vite. La validation reste l'affaire des professionnels.

Pour qui ce type d'outil a du sens

  • Entreprises de rénovation : montrer au client l'avant et l'après, et faire valider un aménagement avant de commencer.
  • Électriciens : discuter de l'emplacement des points lumineux et des commandes, puis sortir une première liste de matériel.
  • Architectes et bureaux d'études : faire visiter un projet à un maître d'ouvrage, à distance ou en casque.
  • Gestionnaires de biens : garder une représentation à jour d'un bâtiment et de ses équipements.

Adapter l'idée à votre métier

Le principe est réutilisable : un modèle de référence, une vue partagée en direct, un historique fiable et, si c'est utile, un assistant IA qui travaille dans des limites claires. Le contenu, lui, dépend de votre activité : vos types d'éléments, vos documents, vos étapes de validation, ou une connexion à l'outil que vous utilisez déjà.

Si vous vous dites qu'un outil comme celui-ci aiderait vos clients ou votre équipe, on peut en parler simplement : à partir de votre façon de travailler, on regarde ce qui vaut la peine d'être construit, et ce qui ne le vaut pas.